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IA et cinémaPublié le Par Studio Razzia

Film IA : l'Odyssée de Grok et Castle Walls face à la critique

À un jour d'intervalle, le Guardian a publié deux critiques sévères de fictions faites par IA. Le 27 octobre, le premier épisode de l'Odyssée générée avec Grok Imagine, mise en ligne sur X par Elon Musk. Le 28 octobre, Castle Walls, série turque diffusée sur Prime Video depuis le 12 août. Au-delà du rendu, les deux textes s'attardent sur ce qui fait un film : l'intention des plans, le rythme, l'écriture, le jeu et les voix.

Salle de projection vide : à l'écran, une galère antique sur une mer déchaînée au coucher du soleil ; au premier plan, le carnet ouvert d'un critique marqué d'une seule étoile.
Illustration générée par IA pour Studio Razzia.

L'Odyssée de Grok : une étoile

Le film d'Elon Musk, annoncé cet été en réplique à The Odyssey de Christopher Nolan, sort finalement en épisodes. Le premier, de sept minutes, a été publié sur le compte X de Grok Imagine et fabriqué avec Wonder Studios, une jeune société londonienne, rapporte le Guardian. Son cofondateur, Xavier Collins, indique que le premier épisode de ce film fait par IA a été réalisé en moins de deux semaines par une équipe créative de trois personnes, dont le réalisateur Dev Walker.

Dans sa critique, Peter Bradshaw lui donne une étoile. Il décrit des images lourdes et inertes, à l'allure de banque d'images. Surtout, chaque moment dramatique (la folie simulée d'Ulysse, son départ, la traversée, la décision finale) lui paraît sans motivation. Le chapô résume : « as meaningless as a laptop screensaver » (aussi vide de sens qu'un économiseur d'écran). Le pire, à ses yeux, tient au son : des voix de robot, toutes sur le même ton égal, appuyé, déclamatoire. Selon lui, personne ne prête à l'IA un mérite artistique, seulement financier.

Côté production, Xavier Collins explique que la commande était de « help us understand the technology, where it's strong, where it could use improvement » (comprendre la technologie, ses forces et ses limites). Wonder Studios dit vouloir tenir compte des critiques dans les épisodes suivants, notamment sur l'exactitude historique des bateaux et le rythme, jugé trop rapide.

Castle Walls : la technologie saluée, pas la série

Selon Variety, Castle Walls est arrivée sur Prime Video le 12 août 2026, présentée comme la première série faite de bout en bout par IA sur une grande plateforme mondiale. Elle est produite par le groupe turc Ay Yapım, via sa filiale AI Yapım, écrite par les scénaristes Kerem Deren et Çisil Hazal Tenim, et doublée dans chaque langue par des comédiens de voix. Le communiqué du producteur précise : « acting performances are not AI-generated » (les interprétations ne sont pas générées par IA).

Dans le Guardian, Luke Buckmaster salue la technologie : il la juge stupéfiante et appelée à transformer profondément le cinéma. Ses reproches portent ailleurs. Les visages : des figures de cire qui semblent fondre au soleil, et un Hasan Sabbah censé être charismatique qui paraît en plastique. Le rythme, qu'il trouve étrange. L'image, surtout : un cadre surchargé d'effets grandioses, adieux devant un coucher de soleil, chevauchée nocturne sous la pleine lune, portes du château ouvertes sur une lumière orange. Pour lui, la série semble sortir d'un prompt unique : « make it cinematic » (rends ça cinématographique). Enfin l'écriture, qu'il juge banale, alors que scénaristes et voix sont humains.

Ce que la critique reproche vraiment

Lues ensemble, les deux critiques convergent. Le rendu est critiqué, mais il n'est pas tout : pour Castle Walls, Buckmaster juge même la technologie stupéfiante. Le Guardian pointe des moments dramatiques sans motivation, des images empilées pour l'effet plutôt que pour la scène, des personnages sans présence, des voix sans nuance, des dialogues creux. Autrement dit, des questions de mise en scène, d'écriture et de jeu. Buckmaster plaide d'ailleurs pour une collaboration où les algorithmes enrichissent la création humaine au lieu de la remplacer.

Ce que ça change pour un producteur

Pour un producteur qui envisage un film IA, ces critiques déplacent la question : moins le moteur utilisé que la personne qui décide de chaque plan. C'est la logique de la méthode publiée par Studio Razzia. Le scénario devient d'abord un film sur le papier : chaque plan est découpé, la bible des personnages, des décors et des costumes est fixée avant de tourner. La scripte contrôle chaque image (visages, raccords, lèvres). La scène pilote, tournée en premier, fixe la qualité et le coût avant de lancer le film entier. Chaque étape se termine par la validation du producteur, et rien de coûteux ne part sans l'accord des producteurs du studio. Quand un projet utilise la voix ou le visage d'un comédien réel, il est engagé et rémunéré, avec son accord écrit.

Pour juger la méthode sur pièces avant d'engager un film, le Repérage produit une bande-annonce de financement d'une minute trente, avec musique, cartons et affiche, en 15 jours, pour 13 500 € HT tout compris.

Sources

  1. Elon Musk's AI Odyssey review, The Guardian (Peter Bradshaw), 27 octobre 2026 : critique une étoile (note confirmée par l'article ci-dessous) ; moments dramatiques sans motivation, images inertes, voix de robot au ton déclamatoire ; citation « as meaningless as a laptop screensaver ».
  2. 'Meaningless as a laptop screensaver': reviewers slate Musk's AI-made Odyssey film, The Guardian (Dan Milmo), 27 octobre 2026 : épisode de 7 minutes publié sur X, fabriqué avec Wonder Studios (Londres) ; moins de deux semaines, équipe de trois dont Dev Walker ; une étoile chez Bradshaw ; réponse de Xavier Collins (brief, prochains épisodes, bateaux et rythme).
  3. Castle Walls review: Prime's first fully AI-generated show is here, The Guardian (Luke Buckmaster), 28 octobre 2026 : visages, rythme, images surchargées, écriture ; technologie jugée stupéfiante ; scénaristes et voix humains.
  4. AI-Generated Turkish Series 'Castle Walls' Launches on Prime Video, Variety (Nick Vivarelli), 12 août 2026 : lancement sur Prime Video, présentée comme une première mondiale ; Ay Yapım et AI Yapım ; scénaristes Kerem Deren et Çisil Hazal Tenim ; doublage par des comédiens de voix ; interprétations non générées par IA selon le communiqué.
  5. Studio Razzia, page d'accueil et Bande-annonce de financement, lues le 31 octobre 2026 : méthode (bible, scripte, scène pilote, validations, comédiens), Repérage 1 min 30, 15 jours, 13 500 € HT.

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